Pourquoi la lecture nous importe plus que le livre (papier ou numérique) ?

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Vous avez dû le constater si vous êtes avec nous depuis le début de cette aventure. Nous avons été très silencieux, voire totalement invisibles ces dernières semaines. Certains ont même pensé que nous avions mis la clé sous la porte et qu’il n’y aurait plus de Kusoma. L’invisibilité de notre page Facebook et le désert sur nos comptes Twitter et Instagram n’ont pas aidé.

Eh bien, soyez rassurés, bonnes gens, nous sommes toujours là.

Dans un épisode du podcast d’Oprah, intitulé Oprah’s Super Soul Conversations, Howard Schultz, ex-CEO de la chaine de cafés américaine Starbucks, a dit qu’une « entreprise » doit avoir une conscience. Plus loin, il dit qu’une entreprise doit avoir une autre finalité que celle financière. Il le dit en ces mots : « You must have a core purpose beyond making a profit. » Il ajoute que le plus important n’est pas ce que nous faisons, mais pourquoi nous le faisons.

Ces mots ont résonné en nous. Ils nous ont amenés à réfléchir. Si Kusoma a une conscience, elle est donc capable de se livrer à une introspection : analyser son passé, sa manière de fonctionner, sa progression, et définir clairement sa véritable raison d’être. C’est ce qu’elle a fait durant ces derniers mois. Il a fallu retourner jusqu’aux fondements pour nous assurer que nous faisions bien tout ce qu’il fallait et que nous étions en train d’accomplir ce pour quoi nous existions, ce pour quoi vous nous suivez depuis le début de cette aventure.

Ce que nous avons découvert a été terrifiant.

Nous avions créé Kusoma dans un but précis : démocratiser la lecture des œuvres africaines en nous assurant que le maximum de personnes bénéficient de ce dont nous avions bénéficié en tant que lecteurs. Il n’a jamais été question de vendre des livres.

Pourtant, à un moment de notre parcours, c’est essentiellement à cela que nous avons été réduits : produire et vendre des livres. Tout ce qui nous importait était le nombre de ventes réalisées. Nous étions prêts à tout pour que les ventes d’aujourd’hui dépassent celles de la veille. Nous avions complètement oublié qu’il était avant tout question d’amener le maximum de personnes à la lecture, et non de vendre, à tout prix, le maximum de livres. Nous n’avions désormais ni conscience, ni âme, encore moins une quelconque réelle finalité à l’esprit; or, nous ne sommes pas des vendeurs de livres.

Nous ne sommes pas des vendeurs de livres, car ce que nous proposons à nos lecteurs, notre véritable produit, n’est pas le livre, mais ce que celui-ci est capable d’apporter, d’offrir, de transmettre; ces expériences uniques qu’on ne vit que lorsqu’on lit. Lire n’est que le moyen par lequel on passe pour atteindre cette fin là. Et les livres sont les outils qui facilitent ce voyage, cette expérience. Ils sont comme la télévision. On ne vend pas une télévision, on vend l’expérience qu’elle offre.

Les livres nous ont appris de nombreuses choses : ils nous ont fait voyager et permis de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouvelles gens; ils nous ont tenu compagnie à des moments cruciaux de nos vies; ils ont été nos amis, parfois les seuls; ils nous ont redonné espoir en la vie; ils nous ont appris la confiance en nous et en nos semblables; ils ont été sources de divertissement, de joie; ils nous ont fait pleurer et rire; ils nous ont amusés et nous ont permis d’amuser nos proches en retour; ils nous ont appris l’empathie et l’amour de l’autre; ils nous ont permis de converser avec les morts, et à ces derniers, ils ont permis de devenir immortels.

Voilà ce que nous avons tiré des livres, et voilà ce que nous voulons offrir au monde. C’est la raison pour laquelle nous désirons à ce point démocratiser la lecture. Tous ne peuvent, ni ne veulent, lire de la même façon. Certains sont plus attachés aux livres papier, quand d’autres, notamment les générations Y et Z, ne jurent que par les livres numériques. Il y a aussi ces gens, analphabètes parce qu’ils n’ont pas appris à lire les langues des livres, mais qui ont des oreilles pour écouter ce qu’ils disent. Ce sont toutes ces personnes que nous visons; celles qui lisent déjà et celles auxquelles nous comptons faire découvrir la lecture et ses bonheurs. C’est cela que nous vendons, et non des livres.

Nous nous sommes donnés pour mission de faire connaître les œuvres de ceux qui ont des choses à dire, afin que ceux qui sont disposés à les lire et les écouter puissent le faire. Le partage est la première de nos valeurs. La démocratisation est la seconde. L’inclusion est la troisième. L’amour du savoir, de la découverte, de la nouveauté et de l’inconnu est la quatrième. Et au cœur de toutes ces valeurs, il y a l’humain : vous, qui avez des choses à dire et écrire, et vous, qui êtes disposés à les consommer.

Kusoma signifie « lire » et non « livre ». C’est la lecture, et non le livre, que nous vendons.

A ce propos, nous avons demandé à trois jeunes dames passionnées de lecture ce que les livres leur apportent. Découvrez leurs réponses dans la vidéo ci-après.

 

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